Pas un magasin de fleurs : Une exploration des risques de cancer du sein et des préjugés liés au genre

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable
Publication Date: 
mar, 2012-07-17

L’establishment du cancer, c’est-à-dire les organismes médicaux et gouvernementaux et les entreprises, tente de faire croire au public que l’augmentation des taux du cancer du sein est attribuable à la génétique ou à ce qu’on désigne comme les choix de vie : une mauvaise alimentation, la consommation excessive d’alcool, de cigarettes et le manque d’exercice. Toutefois, des rapports du gouvernement américain publiés dès la fin des années 1970 laissaient déjà entendre qu’à l’époque, jusqu’à 40 pour cent des cancers pouvaient être liés à une exposition à six substances se trouvant dans le milieu de travail. Pourtant, les organismes de réglementation, à cette époque tout comme aujourd’hui, se ferment les yeux tandis que les agences du cancer se concentrent sur ce qu’on appelle les « facteurs modifiables de mode de vie », et imposent ainsi la responsabilité de la prévention aux particuliers.

« Je pense que les résultats de nos études sur le cancer du sein devraient ajouter du poids au fait que nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre avant de réglementer et de contrôler ces risques. En fait, nous aurions dû interdire ces substances et il nous faut réexaminer tous les règlements gouvernementaux pour tenir compte de l’effet de ces substances qui imitent le système hormonal. C’est ce que fait l’Europe actuellement. »*  – Jim Brophy

La filière chimique

Cependant, la recherche sur l’histoire de l’augmentation des cas de cancer du sein et sur le nombre de femmes qui sont entrées sur le marché du travail révèle une situation bien plus complexe. Depuis les années 1970, et pour une courte période pendant la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont quitté le foyer pour trouver du travail dans le domaine public.  De nombreuses femmes se sont également engagées dans les usines, qui étaient auparavant dominées par les hommes. Parallèlement à ce changement, à partir des années 1940, la science et l’industrie ont commencé à introduire dans l’environnement des milliers de nouveaux produits chimiques.

Aujourd’hui, plus de 90 000 substances chimiques anthropiques contaminent l’air, l’eau et le sol de la planète, nos maisons et nos milieux de travail, ainsi que nos corps. La majorité de ces substances n’ont jamais été contrôlées. En fait, l’organisation établie pour protéger la santé des Américains et leur environnement, la Environmental Protection Agency, n’a interdit que cinq substances chimiques au cours des 25 dernières années. Un rapport de 2007 préparé par le Silent Spring Institute au Massachusetts identifie au moins 216 produits chimiques qui sont associés à l’augmentation des tumeurs des glandes mammaires. Pendant ce temps, le cancer du sein a doublé en l’espace d’une génération, et la liste des substances chimiques ne cesse de s’allonger.

Les matières plastiques sont des substances chimiques dérivées du pétrole. Tout comme la gazoline, le carburant diesel et l’asphalte, les matières premières nécessaires pour produire du plastique sont les produits finaux de la distillation du pétrole brut. Les raffineries distillent et séparent le pétrole brut en différentes composantes, ou fractions, qui sont utilisées pour fabriquer plus de 2 500 substances et produits chimiques utilisés dans les foyers et l’industrie. L’acrylonitrile, le styrène et le chloroéthène sont seulement trois des substances chimiques utilisées dans l’industrie des matières plastiques. Ils sont formés d’enchaînements successifs de monomères (des unités moléculaires) qui sont unis ensemble par un processus qui les transforme en résines de polymères, comme l’acrylonitrile butadiène styrène (ABS), le polystyrène (PS) et le polychlorure de vinyle (PVC).

Les matières plastiques ne sont toutefois pas inoffensives. Nombre d’entre elles sont des substances cancérigènes, des agents mutagènes et des perturbateurs endocriniens connus qui interfèrent avec les fonctions normales des hormones dans le corps et contribuent au développement du cancer du sein ainsi qu’à des troubles neurologiques et à des troubles liés à l’appareil de reproduction. Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir un effet à des doses extrêmement faibles, par exemple, dans certains cas, avec aussi peu qu’une partie par billion.

« Ces substances chimiques qui imitent les œstrogènes ou d’autres hormones ont le plus d’effet non pas en grandes concentrations, mais à des concentrations très faibles. Si le moment est le bon, l’exposition peut être très petite, mais avoir les effets les plus dévastateurs. Il n’a été rendu compte de rien de tout cela à propos de ces substances, alors le problème ce n’est pas seulement que les femmes dans l’industrie des matières plastiques sont exposées à du polychlorure de vinyle, à du acrylonitrile ou à du styrène, qui ont été reconnus comme des substances cancérogènes mammaires dans les études sur des animaux, mais qu’elles sont exposées à des produits chimiques qui imitent aussi les œstrogènes. »  – Margaret Keith

Fichier attachéTaille
pasunmagasindefleurs.pdf1.02 Mo
Best of CWHN: 
Best of CWHN