Les fibromes

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Les fibromes, qu’est-ce que c’est ?

Les fibromes sont des tumeurs bénignes (non cancéreuses) qui se développent à l’intérieur, à l’extérieur ou sur la paroi de l’utérus. Leur taille varie : ils peuvent être plus petits qu’un pois ou plus gros qu’un pamplemousse. Il peut y avoir un seul fibrome, mais la plupart du temps il y en a plusieurs.

On décrit souvent les fibromes en fonction de l’endroit où ils se trouvent, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’utérus :

  • dans le muscle utérin (le myomètre),
  • dans la cavité de l’utérus (fibrome sous-muqueux),
  • il peut faire saillie à la surface externe de l’utérus (fibrome sous-séreux), ou
  • il peut croître vers l’extérieur ou l’intérieur de l’utérus et y être rattaché par une structure allongée en forme de tige appelée « pédicule » (fibrome pédiculé).

Les fibromes sont aussi appelés fibromyomes, léiomyomes ou myomes.

Qui peut être atteinte de fibromes ?

  • Beaucoup de femmes peuvent avoir des fibromes et ne pas le savoir ni ressentir de symptômes.
  • Environ 20 à 25 % des femmes peuvent être atteintes de fibromes symptomatiques.
  • Les fibromes sont rares chez les femmes de moins de 20 ans.
  • Ils se rencontrent plus souvent chez les femmes de plus de 30 ans.
  • Chez les femmes de plus de 35 ans, le risque de développer des fibromes est de 20 à 40 %.
  • Les femmes noires sont trois fois plus à risque de développer des fibromes, comparativement aux autres femmes.
  • Les fibromes apparaissent plus fréquemment chez les femmes qui ont des problèmes d’embonpoint importants et chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfant.
  • Les fibromes se développent plus souvent à la fin de la vie reproductive d'une femme, et ils rétrécissent souvent après la ménopause.

Quelles sont les causes des fibromes ?

Bien que personne ne connaisse la cause des fibromes, leur croissance semble être liée à la production d’œstrogènes et de progestérones. En général, ils ont tendance à se développer lentement, avec des niveaux naturels d’œstrogènes qui montent et baissent tout le long du cycle menstruel. Chez certaines femmes qui ont des niveaux d’œstrogènes parfaitement normaux, les fibromes agissent comme une éponge et absorbent plus d’œstrogènes que les cellules voisines dans l’utérus.

Si vous êtes enceinte, si vous prenez la pilule contraceptive ou si vous êtes sous hormonothérapie, les fibromes peuvent se développer plus rapidement à cause de la présence d’un niveau d’œstrogènes plus élevé dans votre corps. Les aliments riches en œstrogènes et l’exposition aux substances chimiques qui imitent les hormones jouent également peut-être un rôle dans le développement des fibromes.

Comment puis-je savoir que j'ai des fibromes ?

Votre médecin peut déceler la présence de fibromes au cours d’un examen pelvien ou d’une échographie prénatale de routine. Si tel est le cas, il peut simplement en prendre note dans votre dossier et contrôler leur évolution à l’occasion de votre examen de santé périodique.

Toutefois, selon les estimations, une femme sur quatre a des problèmes dont la gravité nuit à la qualité de vie et nécessite un traitement. Vous êtes peut-être l’une d’elles.

Votre professionnel de la santé pourra parfois effectuer une biopsie (prélèvement d’un petit morceau de tissu) de la muqueuse de votre utérus, également appelée laparoscopie (une chirurgie à travers une petite incision) pour prélever un échantillon et s’assurer que le fibrome n’est pas cancéreux. Toutefois, les fibromes ne se transforment presque jamais en cancer. En fait, les fibromes eux-mêmes sont en général bénins, mais l’endroit où ils se trouvent et leur taille peuvent causer des problèmes.

Quels sont les problèmes liés à la présence de fibromes ?

Il n’y a souvent aucun symptôme. Chez les femmes ménopausées, les fibromes peuvent rétrécir et ne causer aucun problème.

Les fibromes peuvent souvent entraîner les problèmes suivants :

  • de longues menstruations avec saignements abondants et parfois douloureuses pouvant causer une anémie dans certains cas;
  • des saignements entre les menstruations;
  • des douleurs chroniques de l’utérus ;
  • des problèmes de miction et de constipation causés par la présence de gros fibromes faisant pression sur la vessie ou le côlon; et
  • des douleurs pendant les relations sexuelles.

Dans les cas les plus graves, les fibromes peuvent également causer :

  • des problèmes de fécondité; et
  • des fausses couches à répétition.

La plupart des femmes enceintes qui ont des fibromes ont des grossesses normales, mais elles sont plus susceptibles d’avoir des problèmes durant la grossesse et l’accouchement. Il peut alors être utile d’en parler à votre médecin ou sage-femme.

Si j'ai des fibromes, quelles sont les précautions à prendre ?

Si vous avez des fibromes qui vous causent une gêne importante, vous devez discuter de vos options avec votre professionnel de la santé avant de prendre des médicaments qui contiennent des œstrogènes, tels que la pilule contraceptive, ou d’entreprendre une hormonothérapie. Il souhaitera probablement vous suivre de près. 

Votre professionnel de la santé vous recommandera peut-être certaines vitamines et suppléments qui peuvent aider votre organisme à transformer et à supprimer le surplus d’œstrogènes. 

Certaines femmes qui ont des fibromes modifient leur alimentation et mangent davantage de produits qui sont bons pour les fibromes et moins de ceux qui sont mauvais. Les fibromes grossissent et causent davantage de symptômes gênants lorsque les niveaux d’œstrogènes dans le corps de la femme sont élevés. C’est pour cela qu’en adoptant une « alimentation bonne pour les fibromes » on a la possibilité d’atteindre les buts suivants : 

  • équilibrer les niveaux d’œstrogènes, en les gardant les plus bas possible en prenant moins d’œstrogènes et en évitant les éléments dont votre organisme a besoin pour produire des œstrogènes; et
  • aider le foie à bien fonctionner. Lorsque le foie n’a pas à faire de gros efforts pour filtrer les toxines dans notre organisme, il peut transformer l’excès d’œstrogènes pour qu’ils soient plus facilement éliminés. 

Une alimentation bonne pour les fibromes est composée de :

Davantage de ces produits :

  • Fruits et grains entiers : beaucoup de fruits et de grains entiers contiennent des fibres qui permettent à nos intestins de mieux fonctionner. Certaines toxines s’accumulent dans les intestins, et les fibres permettent à l’organisme de les éliminer. Si vous n’allez pas régulièrement à la selle, votre organisme peut ingérer ces toxines, ce qui peut congestionner le foie. N’oubliez pas de boire beaucoup d’eau lorsque vous mangez des aliments riches en fibres pour aider les intestins à fonctionner correctement.
  • Légumes jaunes, rouges et verts : divers légumes jaunes, rouges et verts sont riches en vitamines, minéraux et substances chimiques naturelles qui aident l’organisme à combattre les fibromes.
  • Œstrogènes végétaux : les œstrogènes végétaux (bioflavonoïdes ou isoflavanoïdes) comme les produits dérivés du soja sont un cas spécial. Ils aider à bloquer les « vrais » œstrogènes dans l’organisme. Toutefois, ce sont des œstrogènes faibles et en manger de grandes quantités tous les jours peut avoir les mêmes effets que les « vrais » œstrogènes sur vos fibromes. Parlez-en à votre professionnel de la santé et demandez-lui quels sont les effets des œstrogènes végétaux lorsqu’ils sont associés à un traitement hormonal de substitution ou à certains suppléments ou herbes médicinales.

Moins de ces produits-là :

  • Aliments riches en gras : réduire la consommation d’aliments riches en gras, en particulier les aliments non biologiques, peut aider les femmes qui ont des fibromes. La viande et la volaille sont riches en gras et, si ces produits ne sont pas biologiques, ils peuvent contenir des substances chimiques qui peuvent s’accumuler dans votre graisse. Notre organisme utilise le surplus de graisse pour fabriquer plus d’œstrogènes, ce qui fatigue le foie. Choisissez des produits laitiers pauvres en gras et biologiques, et évitez les gras saturés et les gras trans. 
  • Sucre et glucides : réduire la consommation de sucre et de glucides peut aider lorsqu’on a des fibromes. Le sucre et les glucides augmentent la production d’insuline qui circule dans le corps, ce qui augmente la production d’œstrogènes en circulation et favorise les fibromes. Ils peuvent aussi être responsables de la prise de poids et diminuer les taux de vitamine B (ce qui aide le foie à transformer les œstrogènes). Mais si vous diminuez votre consommation de sucre, il faut savoir que les substituts chimiques, comme l’aspartame, ont été reliés à d’autres problèmes de santé.
  • Caféine et alcool : réduire la consommation de caféine et d’alcool peut aussi être bénéfique lorsqu’on a des fibromes. Ces produits fatiguent beaucoup le foie et l’empêchent de transformer les œstrogènes. Ils sont également liés à une réduction de l’absorption du fer, ce qui peut être problématique lorsqu’on a aussi des saignements très importants. Réduire la consommation de ces deux produits permet au foie de récupérer. 

Certaines femmes réduisent également l’utilisation de produits de soins personnels et de cosmétiques qui pourraient contenir des œstrogènes environnementaux et, s’il le faut, elles choisissent plutôt des produits biologiques sans substance chimique.

Quels sont les traitements offerts pour éliminer les fibromes ?

Pour les femmes atteintes de petits fibromes, certains médecins suggéreront de traiter les symptômes, tels que les crampes, les douleurs ou l’augmentation des saignements mensuels, plutôt que de traiter les fibromes.

Pour maîtriser la croissance des fibromes, il se peut que votre professionnel de la santé propose de cesser toute médication contenant des œstrogènes et vous suggère des solutions de rechange. Certains peuvent également prescrire des contraceptifs hormonaux à faible dose pour traiter les règles abondantes.

Jusqu’à récemment, les médecins recommandaient souvent l’hystérectomie aux femmes atteintes de fibromes provoquant des saignements abondants. Selon les estimations, un tiers des 60 000 hystérectomies effectuées au Canada chaque année sont faites en raison de la présence de fibromes. 

L’hystérectomie est l’ablation de l’utérus et parfois même des ovaires. 

Toutefois, le milieu médical pense de plus en plus que l’hystérectomie n’est pas appropriée pour traiter les fibromes et qu’il existe à l’heure actuelle d’autres options de traitement, comme :

  • Un dispositif intra-utérin médicamenté (DIU ou stérilet) est parfois utilisé pour traiter les règles abondantes et rétrécir les fibromes, afin d’éviter des procédures plus invasives.
  • La myomectomie est une procédure visant à retirer les fibromes tout en laissant l’utérus intact. Selon la grosseur des fibromes et l’endroit où ils sont situés, cette procédure peut être exécutée par incision abdominale, par laparoscopie ou par ablation hystéroscopique [en anglais].
    • La laparoscopie consiste à introduire dans l’utérus un petit tube muni d’une caméra en faisant une petite incision au niveau du nombril. On peut également effectuer d’autres petites incisions discrètes le long de la ligne du maillot.
    • Dans l’ablation hystéroscopique, la caméra est introduite par le col de l’utérus. Des instruments miniatures peuvent être introduits par la même voie.
    • La myomectomie est une intervention chirurgicale qui nécessite une longue convalescence. Elle peut être effectuée sous anesthésie générale ou locale avec sédation. L’inconvénient majeur de cette procédure est que les fibromes réapparaissent souvent et que, selon leur localisation et le type d’intervention, le tissu cicatriciel pourrait rendre une grossesse future plus difficile.
  • L’embolisation du fibrome utérin (EFU) est une procédure visant à rétrécir les fibromes. Le médecin utilise une fibre optique pour guider l’insertion d’un tube jusqu’aux fibromes gênants, puis injecte de petites particules de plastique ou de gélatine dans les vaisseaux sanguins qui alimentent les fibromes, obstruant ainsi leur source sanguine. Bien que cette technique s’avère moins invasive qu’une chirurgie, on ne connait pas bien ses effets à long terme, notamment en ce qui a trait à la fécondité. 
  • L’hormonothérapie, tel que le médicament Lupron ou les « agonistes de la GnRH », permet rétrécir les fibromes en provoquant temporairement la ménopause. De nombreux professionnels de la santé recommandent ce traitement uniquement pour une durée limitée, jusqu’à six mois, car il est possible qu’il soit à l’origine des symptômes de la ménopause et d’une diminution de la masse osseuse. 

Même si ces méthodes existent, il est difficile de trouver au Canada des chirurgiens habiletés à pratiquer ces interventions. Si ces procédures vous intéressent, consultez un spécialiste de la fécondité ou un radiologiste.

Où puis-je trouver des informations complémentaires?

  • The first year: fibroids: an essential guide for newly diagnosed by Johanna Skilling, Marlowe & Company 2002.
  • Fibroids: the complete guide to taking charge of your physical, emotional, and sexual well-being by Johanna Skilling, Marlowe & Company 2006. 
  • The UNhysterectomy: Solving Your Painful, Heavy Bleeding Without Major Surgery by Holly Bridges, Self-published 2012; Book review.

Bien qu’elle contienne de l’information médicale, cette fiche ne saurait remplacer l’avis d’un médecin. Si vous avez des interrogations concernant votre santé, il convient de consulter un professionnel de la santé.

Révisé mars 2013.