Les femmes plus âgées et la sexualité ... parle-t-on encore seulement de lubrification?

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Publication Date: 
mar, 2012-07-17

Il arrive que les femmes plus âgées qui sont célibataires depuis peu sortent de relations à long terme à la suite d’un veuvage ou d’un divorce. Pour celles qui ont la chance de trouver un nouvel amour, le vieil adage affirmant que la sexualité féminine soit circonstancielle pourrait s’avérer juste. Une femme qui a vécu une relation sans amour, dans laquelle elle a connu une panne de désir et une lubrification insuffisante, peut se trouver, avec un nouveau partenaire, pleine de vie et inondée de sécrétions vaginales. Elle peut également jeter les lubrifiants et le gel Replens, mais oublier d’utiliser le condom, si son partenaire est masculin.

Là où le bât blesse.

Selon l’Agence de santé publique du Canada (ASPC), les ITS sont à la hausse chez les personnes dans la quarantaine et la cinquantaine. Dans un article paru dans le numéro de janvier 2010 du journal Sexually Transmitted Diseases, quatre chercheurs ont indiqué que les taux selon lesquels ces ITS ont augmenté entre 1997 et 2007 au Canada étaient supérieurs chez les personnes d’âge moyen, entre 40 et 59, que chez les personnes âgées de 15 à 29.

Pas chez les aînés dites-vous? Un éditorial publié en février 2012 dans Student BMJ cite des études faisant état d’une hausse des cas de syphilis, de chlamydia et de gonorrhée au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada pour le groupe des 45 à 64 ans. Le British Medical Journal a signalé qu’il y « avait également une augmentation des cas de VIH pour le groupe des 50 ans et plus, ce qui représente 20 pour 100 des adultes ayant accès aux soins pour le VIH, soit une augmentation de 82 pour 100 par rapport aux données de 2001[…] les nouveaux diagnostics de VIH ont doublé chez les personnes de plus de 50 ans entre 2000 et 2009. » De même, il est ressorti dans une étude de 2008 publiée dans le journal médical Sexually Transmitted Infections qu’en moins de 10 ans, le taux d’ITS avait doublé chez le groupe des plus de 45 ans.

Qu’est-ce qui se passe?

Il y a un certain nombre de facteurs qui entrent en jeu ici. Une étude menée en 2010 par l’Université de l’Indiana a révélé que le groupe des plus de 45 ans était celui qui avait le plus faible taux d’utilisation du condom. Une étude publiée en juillet 2010 dans les Annals of Internal Medicine a permis de découvrir que les hommes qui prenaient des médicaments pour traiter la dysfonction érectile, comme le Viagra, avaient les plus hauts taux d’ITS dans l’année précédant et suivant l’utilisation de ces médicaments.

Rien d’étonnant à ce que les personnes célibataires plus âgées n’aient pas recours à une protection. Les femmes qui ont vécu des relations à long terme avec des hommes ont relégué le condom aux oubliettes, il y a de cela des décennies. Comme moyen de contraception, plusieurs ont opté pour la pilule ou des dispositifs intra-utérins. Certaines femmes qui sont sorties avec des hommes plus tard dans leur vie, ont rencontré des partenaires qui, comme elles, avaient vécu des relations à long terme. D’où l’idée préconçue, et souvent erronée, que les partenaires avaient été fidèles lors de la relation précédente. Mais combien de partenaires ont-ils eus depuis? Ont-ils subi des tests de dépistage et eu recours à une protection avec chaque nouveau partenaire?

Pour revenir à l’expérience de Lee, son médecin a fait preuve de vigilance. Mais quelle est la probabilité que les patients plus âgés subissent des tests pour le dépistage des ITS courantes, sans parler du VIH? Les médecins entretiennent des idées préconçues sur leurs patients de la même façon que les patients en ont sur leur partenaire. Ils peuvent même hésiter à aborder des questions sur la santé sexuelle avec les personnes plus âgées et bien sûr, ne procèdent pas systématiquement à des tests de dépistage des ITS. Il est peu probable que les femmes qui continuent de se soumettre à un test Pap jusqu’à l’âge de 70 ans subissent un test de dépistage pour la chlamydia, laquelle est considérée comme étant une ITS de jeunes personnes. Les femmes plus jeunes de 15 à 24 ans, qui appartiennent au groupe le plus à risque de contracter la chlamydia et la gonorrhée, croient que leur médecin vérifiera « tout » lors de leur examen interne annuel. Souvent, elles ne font que subir un test Pap sans qu’il y ait de prélèvement pour le dépistage des ITS. Si elles veulent que leur médecin procède à un test de dépistage, elles doivent lui en faire la demande.

Pour les femmes, les tests de dépistage des ITS peuvent revêtir différentes formes : un prélèvement à l’aide d’un coton-tige lors d’un examen interne révélera la présence de gonorrhée ou de chlamydia chez une femme infectée, un frottis cervical permet de détecter une infection à trichomonas ou une vaginite bactérienne ou à levures. Un test sanguin sera nécessaire pour la détection de la syphilis, de l’hépatite B ou C, ou du VIH. Pratique de plus en plus courante, le dépistage rapide du VIH se fait à partir d’une piqûre au doigt en moins d’une minute. 

Les femmes plus âgées, tout comme leurs homologues plus jeunes, ont peu d’expérience lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets comme la protection et le dépistage avec un nouveau partenaire. Il est difficile pour elles, comme pour les jeunes, de négocier des relations sexuelles mieux protégées.