Prévenir les blessures professionnelles : les dangers au travail

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En quoi le travail des femmes diffère-t-il ?

Les femmes ont tendance à occuper des postes différents de ceux qu'occupent les hommes et font face à d'autres types de risques professionnels.

Les 10 emplois les plus communs chez les femmes au Canada en 2006 étaient les suivants :

  • Vendeuses et commis-vendeuses — commerce de détail
  • Caissières
  • Infirmières autorisées
  • Commis de bureau générales
  • Secrétaires (sauf domaines juridique et médical)
  • Enseignantes au primaire et au préscolaire
  • Serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel assimilé
  • Éducatrices et aides-éducatrices de la petite enfance
  • Serveuses d’aliments et de boissons
  • Préposées à l’entretien ménager et au nettoyage — travaux légers 

Même lorsque les femmes ont les mêmes désignations de postes que les hommes, leurs tâches spécifiques diffèrent souvent (p. ex. femmes de ménage, caissières de banque et travailleuses de la santé). Avec les différences physiques entre l'homme moyen et la femme moyenne, comme la taille, la forme du corps, le centre de gravité, la force du haut du corps, le système reproducteur et la façon de gérer la douleur, les femmes peuvent réagir différemment des hommes lorsqu'elles exécutent des tâches similaires.

Les emplois que les femmes occupent habituellement sont en général plus répétitifs, monotones et stressants que ceux qu'occupent les hommes. Les femmes sont plus exposées que les hommes aux entorses dorso-lombaires, aux problèmes de peau, aux maux de tête et à la fatigue oculaire.

Les tâches impliquant la prestation de soins, d'un accompagnement et d'un soutien constituent des composantes clés du travail féminin, alors que les tâches des hommes sont, selon la tendance, encore axées sur le travail manuel « lourd », les tâches techniques et le travail de direction. Le risque de subir de la violence semble aussi plus présent dans les emplois occupés par les femmes.

Quels sont les dangers « invisibles » auxquels les femmes font face ?

Les problèmes de santé et de sécurité liés aux emplois féminins sont souvent issus d'un ensemble de dangers, dont certains sont invisibles. Cette invisibilité rend difficile tout effort visant à identifier la cause d'un problème.

Le stress causé par de mauvaises conditions de travail est en soi un risque professionnel important. Partout dans le monde, les femmes sont toujours moins payées pour un travail de valeur égale et sont plus nombreuses à occuper des emplois à temps partiel, comparativement aux hommes. Les Canadiennes font aussi plus de travail lié à l'entretien du foyer et aux soins des enfants que les hommes. En moyenne, les femmes qui travaillent à temps plein ont une plus grande charge de travail que les hommes.

En plus de leurs responsabilités au travail et à l'extérieur, les femmes peuvent faire face à de longues journées stressantes. Elles doivent en plus composer avec des facteurs inhérents aux emplois féminins, c'est-à-dire des emplois monotones, où elles ont peu de contrôle et de pouvoir décisionnel. Il n'est donc pas étonnant de constater que les femmes sont plus à risque que les hommes de développer des maladies liées au stress, des problèmes musculo-squeletiques (douleurs) et une fatigue chronique.

Quels sont les autres dangers inhérents aux emplois occupés par les femmes ?

Nous en savons moins sur les risques professionnels associés aux emplois occupés par les femmes, que sur ceux liés aux emplois occupés par les hommes.

Voici quelques exemples de risques qu'encourent les femmes au travail :

  • sur le plan des substances chimiques et minérales : poussières, vapeurs, émanations, gaz, brume, liquides tels les solvants de nettoyage;
  • sur le plan infectieux et biologique : virus, maladies transmises par le sang, objets pointus et tranchants et aiguilles, bactéries, moisissure associée aux soins de santé et à d'autres types de travail;
  • sur le plan de la sécurité : risques de trébucher, blessures traumatiques, blessures liées aux travaux domestiques, glissements et chutes, déplacement de matériel et de pièces;
  • sur le plan de la conception ergonomique : répétition, posture, force (pousser / tirer), vibration, pression sur le corps, organisation du travail (procédures et tâches mal conçues), environnement de travail;
  • sur le plan physique : bruits, température et humidité, radiations, vibrations, électricité, éclair; et
  • sur le plan de l'organisation du travail ou des facteurs de stress psychologique :
    • charges de travail faible / élevée;
    • cadence / intensité;
    • manque de formation;
    • heures de travail;
    • peu de contrôle, sinon aucun, sur ce que vous devez faire ou sur la façon de le faire;
    • absence de soutien social / de relations;
    • harcèlement ou discrimination ou menaces de violence physique ou mentale; et
    • aucune souplesse en matière de congés.

Comment les femmes peuvent-elles éviter ces risques ?

En vertu de la loi, l'employeur est tenu, de veiller à ce que le milieu de travail soit sain et sécuritaire pour tous ses employés. (Ils doivent le faire peu importe si les femmes sont des employées « permanentes » ou des employées temporaires/contractuelles/d’agences.) Il est le mieux placé pour apporter les changements nécessaires en vue de prévenir les accidents et les maladies. Toutefois, il arrive parfois que le travailleur ou la travailleuse et son syndicat doivent lutter pour initier des changements.

En ce qui a trait aux travailleuses autonomes, de plus en plus nombreuses, la responsabilité leur revient de s'assurer que leur environnement de travail soit conçu de façon à éviter les blessures professionnelles et les maladies professionnelles. (La loi sur la santé et la sécurité au Manitoba couvre les travailleuses et les travailleurs autonomes; cette couverture importe lorsque ces personnes sont dans un lieu de travail autre que leur milieu de travail habituel.)

Il est également important de prendre soin de soi au travail et à l'extérieur du travail. Nous pouvons exercer un certain contrôle sur ce que nous mangeons, sur les exercices que nous faisons et nos activités sociales.

La meilleure façon d'éviter les blessures et les maladies est de faire en sorte que les femmes ne soient pas en contact avec des éléments pouvant porter atteinte à leur santé et leur sécurité sur les lieux de travail. Il existe de nombreux programmes à l'intention des milieux de travail qui permettent de gérer les risques généraux et spécifiques. Pour les femmes, la première étape est de reconnaître les problèmes de santé et de sécurité qui existent dans leur milieux de travail, lesquels semblent souvent invisibles, et de les considérer sérieusement.

Les problèmes liés à la santé reproductive ne touchent pas uniquement les femmes, bien qu'ils soient parfois traités comme si c'était le cas. Pour ce type de problèmes, la meilleure solution, selon l'avis général, est de prendre les mesures nécessaires pour protéger le fœtus ou pour prévenir les troubles de santé reproductive chez les femmes et les hommes. Une autre voie est celle prescrite par la loi du Québec, qui permet de réaffecter les femmes enceintes et les femmes qui allaitent à des postes moins à risque ou d'accorder des « congés préventifs » / « retraits préventifs ». Le gouvernement fédéral a mis en place un programme semblable; quelques provinces offrent une certaine protection (p. ex. le Manitoba) (voir la section des ressources plus bas).

Quels sont les autres moyens que les femmes peuvent prendre afin d'éviter les blessures liées au travail ?

La représentation graphique des risques en milieu de travail constitue un outil utile dont les comités de santé et de sécurité peuvent se servir. Elle peut être adaptée de façon à ce que les hommes et les femmes puissent effectuer respectivement leurs propres transparents, lesquels sont posés sur un dessin illustrant le plan des lieux de travail. Ceci permet de comparer les expériences des femmes et des hommes dans un même lieu et de rendre visible, notamment, le vécu des femmes.

Où puis-je trouver plus d’information ?

Révisé juin 2013.