Faire tomber les murs

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Publication Date: 
jeu, 2010-09-30

À la différence du système fédéral, qui dispose de ressources financières pour fournir des programmes, des services et des mesures de soutien, les systèmes correctionnels provinciaux ne reçoivent pas le financement nécessaire pour répondre adéquatement aux besoins des détenus. Également, le fait que les femmes et les hommes incarcérés dans une prison provinciale purgent une peine moins longue que les détenus des prisons fédérales a une incidence sur la prestation des services. Il n’y a aucun doute que le manque de ressources et l’échéancier serré complique la tâche des prisons provinciales quand vient le temps de dispenser des programmes axés sur les facteurs qui conduisent à la criminalisation.

Ce que notre enquête fait ressortir, c’est la réalité d’un système qui n’arrive déjà plus à venir en aide aux personnes qui lui sont confiées. Il est peu probable que la solution réside dans la construction de nouvelles prisons. Nous devrions plutôt investir dans des moyens qui répondent mieux aux besoins des femmes criminalisées. Parmi les femmes prises en charge par les systèmes correctionnels provinciaux, peu présentent un danger pour la société. La grande majorité n’a commis que des crimes mineurs contre la propriété tels que le vol, ce qui tend à démontrer qu’on criminalise de plus les femmes pour leur état de marginalisation sociale, politique, économique et culturelle. Au lieu de construire d’autres lieux de détention, il faut mettre en place des programmes communautaires, des services, des ressources, des soins et des mesures d’intervention précoce et de prévention. Notre étude montre que l’essentiel des programmes offerts dans les systèmes provinciaux est déjà assuré par des organismes communautaires à but non lucratif. Si on investissait dans ces organisations, au lieu de construire des prisons, les femmes incarcérées pourraient recevoir une aide axée sur la recherche de solutions aux problèmes qui ont mené à leur criminalisation et retardé leur réintégration. Toutefois, il ne s’agit pas seulement de régler les problèmes relevés dans le système actuel; il faudra aussi travailler à mettre en place une autre infrastructure, où toutes les ressources nécessaires en matière d’aide aux populations criminalisées, de programmes, de services et de traitement seront offertes au sein même de la collectivité, plutôt qu’entre les murs de la prison.

Jennifer Bernier a obtenu récemment son doctorat en psychologie communautaire de l’université Wilfrid Laurier. Le présent article repose sur ses recherches doctorales sur l’incarcération et la réintégration des femmes qui purgent une peine de ressort provincial dans une prison du Canada atlantique. Jennifer occupe le poste de coordonnatrice de l’analyse des influences du genre et du sexe au Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes.

Les besoins en matière de santé des femmes et des hommes criminalisés pris en charge par les systèmes correctionnels provinciaux:

Le Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes mène actuellement un projet fondé sur les conclusions présentées ici. Selon nos constatations, les femmes qui purgent une peine de ressort provincial souffrent d’une foule de problèmes de santé, sans pour autant avoir accès à des services médicaux adéquats en prison. Notre but sera d’interroger des femmes et des hommes incarcérés, dans le cadre d’une interview de groupe, afin d’en apprendre davantage sur leur état de santé et sur leurs besoins ainsi que sur les écarts entre les deux sexes en ce qui concerne l’accès et le recours aux services de santé.

Pour obtenir d’autres renseignements :
Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes    www.acewh.dal.ca

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